Les talons de maman

Je vous guettais déjà enfant,
Devant le miroir, de profil,
Aux pieds, les talons de maman…

Troublée quand ce petit relief,
Sous le tissu, presque invisible,
Redessina ma silhouette.

Dans mon premier maillot deux pièces,
Dorée au soleil de l’été,
Je me sentais une princesse.

Je tremblais à l’adolescence
En vous drapant dans ma pudeur,
Ou vous dressant par insolence.

Sous la douceur du coton
De mes dessous de jeune fille
Affolant déjà les garçons.

Je me souviens ce premier jour,
Où des mains tremblantes de fièvre
Ont caressé votre velours.

Nimbés de mystère et charme,
Vous m’avez faite me sentir belle,
Et j’ai croqué ma vie de femme.

Et de séductions en désirs,
J’ai partagé des moments doux,
Et vu mon ventre s’arrondir.

J’ai posé sur vous mon enfant,
L’ai nourri à votre tendresse,
Enlacé de mes bras aimants.

Quand je découvre sous mes doigts
Tapi derrière votre douceur
Le signe d’un péril sournois.

Soudain commence une autre danse,
De spécialistes en examens,
Afin d’évaluer nos chances.

Nous étions de doux partenaires,
Nous voilà devenus frères d’arme,
Dans un combat délétère.

Je vous regarde maintenant
Devant le miroir, de profil,
Aux pieds, mes talons de maman.

Demain le chirurgien, peut-être,
Pourrait de ses longs doigts habiles,
Redessiner ma silhouette…

Ta mémoire

Je te revois devant l’Autel
Tu étais jeune, tu étais belle,
Nous avions la vie devant nous,
Et des rêves doux…

A ton doigt j’ai passé l’anneau,
A ton oreille j’ai dit les mots,
Droit dans les yeux, le cœur et l’âme,
Je te prends pour femme.

Et on s’est fait une promesse…

Pour le meilleur et maintenant,
Pour le meilleur et maintenant,
Dans l’allégresse et les tourments,
Pour le meilleur et maintenant.

On a marché main dans la main,
Sûr qu’on en a fait du chemin,
Avec des cailloux sur la route,
Qui marquaient nos doutes.

On a mené notre existence,
Et partagé notre espérance,
On a essuyé des tempêtes,
Et des jours de fête.

Et on tenait notre promesse…

Pour le meilleur et maintenant,
Pour le meilleur et maintenant,
La nuit, le jour, par tous les temps,
Pour le meilleur et maintenant.

Mais aujourd’hui tes mots s’envolent,
La lumière de tes yeux s’égare,
De ton navire sans boussole,
Je tiens la barre.

Jour après jour, comme tu t’éloignes,
Je tiens le cap, je t’accompagne,
Je ne sais si l’issue est proche,
Mais on s’accroche.

C’est vrai, je suis à bout de force,
J’ignore combien de temps encore
Nous pourrons tenir la distance
De notre romance

Et même si tu oublies mon nom,
Je tiens ma promesse…

Pour le meilleur et maintenant,
Pour le meilleur et maintenant,
Je tiens ta main fermement,
Pour le meilleur et maintenant.

Pour le meilleur et maintenant,
Pour le meilleur et maintenant,
Ensemble jusqu’au dernier instant,
Pour le meilleur et maintenant.

Je te revois devant l’Autel,
Tu étais jeune, tu étais belle,
Je te raconte notre histoire,
Je suis ta mémoire.

Le temps des fraises

Manolito, tu sais, lorsque j’avais ton âge
J’avais toujours la tête dans les nuages…

J’y voyais des dragons et tant de personnages,
Je sautais dans les flaques après l‘orage.

J’avais des tas d’amis d’un monde imaginaire
Eclatant de couleurs et de lumière.

J’allais dans le jardin, respirer le mystère,
La magie, les secrets de l’univers.

Et voilà qu’il rêvasse encore
Disait mon père.
C’est fou le temps qu’il passe dehors
Pensait ma mère.

Lorsque tombait la neige, les flocons en silence,
C’était comme un ballet, comme une danse.

J’étais émerveillé, collé à la fenêtre,
A goûter la promesse d’un jour de fête.

Alors je m’élançais dans la poudre givrée,
Ecarlate des joues au bout du nez.

La douceur des cristaux qui fondaient sur ma langue,
Légers comme les plumes aux ailes des anges.

Et voilà qu’il s’amuse encore
Pensait mon père.
Surtout ne prend pas froid dehors
Disait ma mère.

C’était le temps des fraises,
Le temps de l’insouciance.
Un goût qui se rappelle
A moi quand j’y repense.

C’était le temps des fraises,
La magie de l’enfance.
Celle que l’on ne perd
Qu’en perdant l’innocence.

Jardins et terrains vagues, sièges de mes aventures,
Abritaient les esprits de la nature.

Tapis sous les feuillages, Korrigans et Lutins,
Elfes et Farfadets aux yeux malins.

Mes compagnons de jeu, des parents invisibles,
Comblaient mon cœur heureux d’une indicible

Et savoureuse joie que seule une âme enfant,
Sait cueillir et chérir amoureusement.

Et voilà qu’il rêvasse encore
Disait mon père.
C’est fou le temps qu’il passe dehors
Pensait ma mère.

C’était le temps des fraises,
Le temps de l’insouciance.
Un goût qui se rappelle
A moi quand j’y repense.

C’était le temps des fraises,
La magie de l’enfance.
Celle que l’on ne perd
Qu’en perdant l’innocence.

C’était le temps des fraises,
Le temps de l’insouciance.
Un goût qui se rappelle
A moi quand j’y repense.

C’était le temps des fraises,
La magie de l’enfance.
Manolito ne perd
Jamais ton innocence.

Quelques notes (il a suffi d’un cygne)

Il a suffi de quelques notes
Pour que ton corps si fatigué
Brise les chaines qui l’entravaient.
Et que le voile sur tes pupilles
Se déchire et qu’à nouveau brille
Cette lueur qu’on croyait morte.

Quelques mesures auront suffit
Pour franchir le gouffre infini
Qui a emporté ton esprit.
Et ramener à ta mémoire
Les pas de danse, ton histoire,
Qui s’étaient perdus dans la nuit.

Et le cygne déploie ses ailes,
Tant de grâce vous émerveille,
Le temps se fige et dans tes yeux
Soudain se rallume le feu.

Et tu tournes, tournes, danses, danses,
Et c’est comme une évidence,
Quand tu tournes, tournes, danses, danses…

Qui aurait pu imaginer
Qu’il suffirait d’un rien du tout,
Un petit air, et tout à coup,
Ton cœur qui reprend la cadence,
Retrouve le souffle et s’élance
Dans l’ivresse du ballet.

Une émouvante mélodie
Et soudain revient à la vie
L’étoile qui s’était endormie.
Et emportée par la musique
Tu vibres cet instant magique
Qui t’a arrachée à ta nuit.

La la la, la la la la la
La la la la la, la la la

Et tu tournes, tournes, danses, danses,
Et c’est comme une évidence,
Quand tu tournes, tournes, danses, danses,
Que plus rien n’a d’importance.
Tourne, tourne, danse, danse,
Tu brilles de ta présence,
Quand tu tournes, tournes, danses, danses,
Danse ta délivrance.

C’est un chef d’œuvre de Tchaïkovski
Qui t’a ramenée un moment
Pour partager ce doux présent.
Tu le garderas dans ton cœur
Comme une étincelle, un bonheur,
Que tu as volé à la nuit.

Ton corps habité par la danse
Se souvient de ses heures de gloire
Dont tu as perdu la mémoire.
Magie des notes qui t’éveillent,
Tirée de ton lointain sommeil
Se dessine une révérence.

Et le cygne déploie ses ailes,
Tant de grâce vous émerveille,
Le temps se fige et dans tes yeux
Soudain se rallume le feu.

Et tu tournes, tournes, danses, danses,
Et c’est comme une évidence,
Quand tu tournes, tournes, danses, danses,
Que plus rien n’a d’importance.
Tourne, tourne, danse, danse,
Tu brilles de ta présence,
Quand tu tournes, tournes, danses, danses,
Danse ta délivrance.

La large

Va mon enfant, prend le large,
Tu veux tracer ta voie, écrire tes propres pages,

Va, hisse haut la grand-voile
Le cœur empli de rêves, d’espoir, de courage.
Garde au fond de tes poches la mémoire de l’enfance
Tant d’amour, de jeux, d’insouciance,
C’est comme une lanterne, une corne d’abondance,
Un guide où puiser l’espérance.

Va mon enfant, prend la route,
Le monde s’offre à toi, offre-lui ta jeunesse,
Va, tes certitudes et ta fougue,
Amèneront tes pas à ta prochaine adresse.
Si tu vois quelques larmes inonder nos regards,
N’aie crainte, c’est un précieux chagrin.
Il dit comme on est fiers ce matin de te voir
Choisir et suivre ton chemin.

Tu lâches nos mains, tu quittes nos pas,
Va ton chemin, suis ta voie,
Blanc ou noir, libre à toi
Ton pouvoir est dans tes choix.

Va mon enfant, prend les airs,
Vole, déploie tes ailes et va où bon te semble.
Le cœur baigné de lumière,
A s’aimer comme on s’aime, on est toujours ensemble.
Si tu croises le doute au détour d’un nuage,
Fais halte et respire un moment.
Pour peu que tu écoutes, tu reprendras courage,
Suivant ce que souffle le vent.

Tu lâches nos mains, tu quittes nos pas,
Va ton chemin, suis ta voie,
Blanc ou noir, libre à toi
Ton pouvoir est dans tes choix. (x2)

Va mon enfant, prend le large…

Souviens-moi

Viens, gamin,
Ne reste pas là caché dans ton coin,
Il reste encore un bon bout de chemin,
Allez vient et prends ma main…

Je sais bien
Qu’à vouloir trop tôt faire comme les grands,
Je nous ai fait perdre beaucoup de temps,
Je t’ai délaissé bien longtemps.

Voudras-tu
Me pardonner mes égarements,
Ce sérieux et cet air suffisant,
A courir après l’argent ?

Je croyais,
Qu’un homme doit avoir une situation,
Que c’est important d’avoir raison,
J’avais bien appris mes leçons.

Choisis pour moi la bonne paire de lunettes,
Brise le miroir aux alouettes.
Fais disparaître le voile de l’illusion,
Et apprends-moi ta chanson.

Je n’ai pas su,
Te protéger comme je l’aurais souhaité,
Je n’étais pas de taille à consoler,
Les peines que tu as endurées.

Aujourd’hui,
Je suis plus grand et je veille sur toi,
Tu peux sans crainte te reposer sur moi,
Prends ma main, j’ai foi en toi.

Souviens-moi,
Tu es le gardien de tous les savoirs,
Que j’ai perdus de n’avoir pas su voir,
Qu’on vit de joie, pas de devoirs.

Guide-moi,
Sur le chemin qu’il nous reste, toi et moi,
Je remets enfin mes pas dans tes pas,
Dans ta beauté et dans ta joie.

Moi qui ai cru qu’il me fallait apprendre,
J’ai mis bien du temps à comprendre,
Qu’il suffisait que je daigne t’entendre.
Aujourd’hui je te demande.

Souviens-moi, souviens-moi,
Regarde, je t’ouvre mes bras.
Crois en moi, je suis là.
Souviens-moi.

Que ma vie soit ta vie,
Rappelle-moi mes envies,
Les rires, l’innocence aussi.
Souviens-moi,
Petit.

Je m’en vais

Mes enfants, mon amour,
Ma famille, mes amis,
Je m’en vais…

Je savoure le bonheur d’avoir croisé vos routes
Et partagé vos heures de paroles et d’écoute.
Je vous quitte enrichi de toutes nos histoires,
De ces instants de vie tapissant nos mémoires.

J’écoute vos hommages et j’ai le cœur serré
Par les beaux témoignages de vos voix enrouées.
Je murmure à mon tour au creux de vos oreilles
Des mélodies d’amour, des mercis, des merveilles.

Mes enfants, mon amour,
Ma famille, mes amis,
Je m’en vais…

Que ce jour soit celui d’un joyeux au-revoir
Qui dissipe les doutes et fait grandir l’espoir.
Guidé par la lumière qui jaillit de vos cœurs,
Mon âme est bien légère, lumineuse et sans peur.

Je chéris votre amour et loue votre courage
D’accompagner le jour de mon dernier voyage.
Gardez bien dans vos cœurs vos plus grandes richesses,
Tous ces petits bonheurs comme autant de promesses.

Je promets d’être là, je vous tendrai les bras, quand viendra
Le moment pour chacun de suivre mon chemin, je serai là.

Mes enfants, mon amour,
Ma famille, mes amis,
Je m’en vais…

Pleurez, riez, chantez, vous me ferez honneur,
Priez si vous voulez, écoutez votre cœur.
Moi je vous remercie, vous m’avez tant offert,
Et tant comblé ma vie, chacun à sa manière.

Je me sens bien léger, n’en déplaise aux porteurs
Qui peinent à lutter contre la pesanteur.
Ayez de l’indulgence pour celui qui doit dire
Les mots de circonstance à l’heure du partir.

Je promets d’être là, je vous tendrai les bras, quand viendra
Le moment pour chacun de suivre mon chemin, je serai là.

Mes enfants, mon amour,
Ma famille, mes amis,
Je m’en vais…

Mes enfants, mon amour,
Ma famille, mes amis,
Je m’en vais…

Dessine-moi

Assis dans le jardin public…

Avec mon cahier à dessin,
Je croquais à la va vite
Et sans entrain.

Des petits bouts de paysage
Sous un ciel bien nuageux,
Les traits des passants aux visages
Si ténébreux.

Je crois bien que j’ai sursauté
Quand j’ai entendu murmurer
Sa petite voix qui demandait
S’il te plaît…

Je l’ai regardé à deux fois,
Est-ce que c’est à moi que tu parles ?
Mais dis-moi, qu’est-ce que tu fais là,
Avec ton cartable ?

Illuminant le bleu hideux
Qui me dissimulait ses traits,
Je ne voyais que ses grands yeux
Qui m’imploraient.

Je crois bien que j’en ai pleuré,
Comme je le voyais suffoquer.
Sa petite voix qui suppliait,
S’il te plaît,

Dessine-moi une maman louve
Qui se dresse pour me protéger,
Et qui se batte jour après jour
Pour qu’on me laisse respirer.

Dessine-moi une maman louve,
Un papa loup, pour me défendre.
C’est moi le plus fragile après tout,
Et regarde ce qu’on me demande.

J’ai bredouillé, qu’est-ce que j’y peux,
Puis j’ai regardé mes crayons.
Et soudain j’ai ouvert les yeux
Pour de bon.

Qu’est-ce que j’attends pour réagir
Et repeindre le monde à mon goût ?
C’est pour ça que je suis artiste
Après tout.

J’ai senti mon cœur se gonfler
En voyant ses yeux pétiller.
Et je me suis redressé,
Bien décidé.

Je vais dessiner des sourires,
En couvrir tous leurs pictogrammes.
Éclabousser de couleurs vives
Le vague à l’âme.

Repeindre des gestes de lien
Pour faire barrière à l’isolement.
Ouvrir les cœurs, tendre les mains,
Pour les enfants.

Je m’suis senti pousser des ailes,
Je ne ménagerai pas ma peine,
Pour lui offrir monts et merveilles
Sous le soleil.

Je dessinerai des mamans louves
Qui se dressent pour le protéger.
Et qui se battent jour après jour,
Pour qu’on le laisse respirer.

Soyons tous des mamans louves,
Des papas loups, pour le défendre.
C’est lui le plus fragile après tout,
Et voyez ce qu’on lui demande.

Soyons tous des mamans louves,
Des papas loups, qui se rassemblent.
C’est nous les plus solides après tout,
Levons-nous pour nos enfants.

L’étoile de Samuel

Il a dû s’étonner celui qui a éteint la flamme dans tes yeux,
De voir venir à vous, pour vous accompagner, en chemin vers les cieux,
Gandhi, Martin Luther, le prophète et Charlie,
Coluche, mère Theresa, ensemble réunis.

Il a pas dû comprendre en voyant leurs visages joyeux et souriants,
Tourner vers vos deux âmes leurs cœurs emplis d’amour et regards bienveillants.
A-t-il saisi soudain que la colère est vaine,
Alors que tu tendais la main, prenant la sienne ?
Ta main prenant la sienne.

Ce soir une nouvelle étoile scintille au firmament,
Samuel, que ta mémoire éclaire nos enfants.
Que ta mémoire éclaire nos enfants.

Toi qui prônais l’échange, libérant leur parole, tu disais aux gamins,
Qu’on a plus à gagner à ouvrir son cœur qu’à serrer les deux poings.
Tu les as vus marcher, honorant ta mémoire,
Unis et solidaires pour te dire aurevoir.

Ça va prendre un moment pour que la vie reprenne le pas sur la douleur.
Ceux que tu laisses ici, écrasés par la peine, le chagrin et la peur,
Trouveront la lumière dans cette obscurité,
Reprenant ta bannière d’espoir, de liberté.
D’espoir, de liberté.

Ce soir une nouvelle étoile scintille au firmament,
Samuel, que ta mémoire inspire nos dirigeants.
Que ta mémoire inspire nos dirigeants.

Il doit être étonné, celui qui a éteint la flamme dans tes yeux,
Voyant que ta mémoire regonfle de courage tant de cœurs généreux.
Lui qui croyait punir, espérant diviser,
N’a fait que réunir ceux qui veulent espérer.
Et je veux espérer.

Ce soir une nouvelle étoile scintille au firmament,
Samuel, que ta mémoire éclaire nos enfants.
Que ta mémoire éclaire nos enfants.

Merci monsieur le président

Voyez, monsieur le président,
J’étais aveugle et inconscient,
Le travail, l’argent, les écrans,
Avaient raison de tout mon temps.

Mais vous, de promesse en serment,
Avez éclairé ma lanterne,
Et je sors de la caverne,
Peuplée d’ombres et de boniments.

C’est vrai, monsieur le président,
J’étais égaré dans un rêve,
Celui d’un monde qui s’achève,
Et je m’éveille maintenant.

Merci, monsieur le président,
C’était confus dans mon esprit,
Mais tout est si clair aujourd’hui,
Je veux être le changement.

Ce nouveau monde que j’appelais de mes vœux,
De jour en jour se dessine peu à peu,
Si je dois laisser derrière moi,
Tout ce en quoi je ne crois pas,
Je vous le laisse avec joie.

Sachez, monsieur le président,
Vous décidez de ma bannir,
Je choisis de m’en réjouir,
Et d’apprendre à vivre autrement.

Je vais, monsieur le président,
Rejoindre ceux qui comme moi,
Rêvent un monde empli de joie,
Plutôt que de peur et d’argent.

Ensemble, monsieur le président,
Nous cultiverons la conscience,
La foi, l’entraide, l’espérance,
Le partage et l’enchantement.

Merci, monsieur le président,
De m’avoir mis au pied du mur,
En dévoilant votre futur,
Pour que je l’écrive autrement.

Ce nouveau monde que j’appelais de mes vœux,
De jour en jour se dessine peu à peu,
Je m’en vais créer pas à pas,
Ce que j’espère au fond de moi,
Et je m’y mets le cœur en joie.

Je sais monsieur le président,
Vous dites que je suis un rêveur,
Mais je ne suis pas le seul cœur,
À imaginer maintenant.

Lennon chantait il y a longtemps,
Que c’est facile si on essaye,
Vous m’avez tiré de ma veille,
Merci, monsieur le président.

Ce nouveau monde que j’appelais de mes vœux,
De jour en jour se dessine peu à peu,
Vous m’avez offert cet élan,
Que j’attendais depuis longtemps,
Merci, monsieur le président,
Merci, monsieur le président.

Tu semblais dormir

Qu’est-ce qui t’a pris de partir si vite,
En catimini, sans faire un bruit.
Là sur tes lèvres, ce délicieux sourire,
Comme dans un rêve, tu semblais dormir.

J’ai cherché le pouls de mon sang dans tes veines
Prié si fort pour que tu reviennes, mon Gabriel.

Le djembé qui battait dans ta poitrine,
Parti à jamais dans un soupir.
Sur la portée restent les silences
Des mesures endeuillées par ton absence.

Etait-il si urgent de retourner au ciel,
Etais-tu impatient de retrouver tes ailes, mon Gabriel ?

Je marche, mais vers quel avenir ?
A mes côtés, nos plus beaux souvenirs.
Jour après jour, je guette les signes,
Où ton amour traverse les lignes.

Depuis la lumière de ton ciel éternel,
Reçois-tu mes prières, entends-tu mes appels, mon Gabriel ?

Un souffle dans mon cou, une flamme qui vacille,
Ce frisson sur ma joue, cet astre qui scintille.
Cet oiseau tout à coup siffle à la fenêtre,
Son chant si doux calme ma tempête.

Dans la caresse du vent, la fleur qui s’éveille,
Tu viens me voir souvent pour appaiser ma peine, mon Gabriel.

La la la la ….
La la la la … Adieu mon fils

Là sur tes lèvres, ce délicieux sourire,
Comme dans un rêve, tu semblais dormir.

Je roule

Hier assis sur ma selle, je dévalais les ruelles,
J’étais môme.

Au son de la dynamo, perché sur mon vélo,
Seul au monde.
Pince à linge sur le cadre, les rayons battant l’As,
En cadence.
A grands coups de pédales, j’explorais les dédalles
De l’enfance.

Maintenant je me rappelle, ces sensations nouvelles,
Chaque fois.
Le parfum des champs, le souffle du vent,
Et le froid.
L’impression de voler, que le temps s’est figé,
Pour toujours.
Si je veux les retrouver, j’ai juste à tourner la clé,
D’un quart de tour.

Alors je roule, peut importe où je vais,
Le vent qui fouette mon visage a comme un goût de liberté.
Et quand je roule, la route est mon alliée,
Et après le prochain virage, qui sait où je serai.

Aujourd’hui pour m’évader, je conduis une Harley,
Noire et chrome.
Elle m’emmène plus loin, vers d’autres chemins,
Ma route d’homme.
Les vibrations du twin, la route qui défile,
Rien ne change.
Comme quand j’étais enfant, je me sens libre et vivant,
Et j’avance.

Alors je roule, peut importe où je vais,
Le vent qui fouette mon visage a comme un goût de liberté.
Et quand je roule, la route est mon alliée,
Et après le prochain virage, qui sait où je serai.

Grand Mystère

Dis-moi, Grand Mystère,
Toi qui marches à mes côtés,
Toi qui connais mes prières,
Toi qui les as exaucées.


Sais-tu, Grand Mystère,
Moi qui suis à la croisée,
De mon chemin sur la terre,
Par où je peux recommencer,
Il y a tellement à faire,
Et tant de choses à changer,
Pour refléter ta lumière
Et la faire rayonner.

Où poser ma première pierre,
Du monde à réinventer,
Dis-moi l’art et la manière
Et les mots à prononcer.
Je sais le pouvoir du verbe
Qui peut matérialiser,
Dès lors que franchit mes lèvres
Chacune de mes pensées.

C’est ma lettre à l’Univers,
Quelques mots sur le papier,
Une offrande à ma manière de cœur
Et de vérité.

Que la joie me gouverne et dévoile le sentier
Où l’Amour me précède pour que je vienne semer
Les graines d’une nouvelle ère où chacun pourra œuvrer
A bâtir la nouvelle Terre de partage et d’équité.

C’est ma lettre à l’Univers,
Les mots qui voudraient créer,
Et inscrire dans la matière
Une autre humanité, humanité.

Les signes que j’espère,
Qui me sont révélés,
Je sais bien qu’ils sont offerts
Afin d’être partagés.
Guide-moi Grand Mystère,
Offre-moi de rencontrer,
Et mes sœurs et mes frères,
Joyaux de l’humanité.

C’est ma lettre à l’Univers,
Quelques mots sur le papier,
Une offrande à ma manière de cœur
Et de vérité.
C’est ma lettre à l’Univers,
Les mots qui voudraient créer,
Et inscrire dans la matière
Une autre humanité, humanité.

Trois points de suspension…

Je le savais depuis toujours,

La blouse et la trousse de secours
Le concours et toutes ces années sur les bancs de la faculté.

Les gardes au chevet des patients,
Passées trop loin de mes enfants,
A prendre soin des plus souffrants.

Tous ces destins que j’ai croisés,
Que j’ai portés, accompagnés,
Tous ces corps que j’ai soulagés.

Les pleurs des collègues épuisés,
Le courage d’un corps de métier,
Toujours debout bien qu’éprouvé.

Ces souvenirs tous imprégnés,
Là, dans ma blouse immaculée,
Le matin où je l’ai pliée…

J’veux pas rester à la maison,
Amputé(e) de ma vocation,
Pourtant je suis ma conviction, à tort ou à raison,
Trois points de suspension…

J’en ai rêvé depuis tout mioche,
Le camion rouge dans ma caboche,
Je peux vous dire, j’en ai bavé pour devenir Sapeur-Pompier !

L’espoir dans les regards piégés,
Derrière les pare-brise étoilés,
Les débris et la tôle froissée.

Ces mains serrant mes doigts gantés,
Dans l’urgence à me témoigner,
La gratitude du rescapé.

La suie sur les visages fiévreux,
De mes collègues valeureux,
Debout dans leur tenue de feu.

Ces souvenirs étaient gravés,
Au cœur de mon casque doré,
Le matin où je l’ai posé…

J’veux pas rester à la maison,
Amputé(e) de ma vocation,
Pourtant je suis ma conviction, à tort ou à raison,
Trois points de suspension…

Vous croyez que c’est par caprice,
Qu’on fait un tel sacrifice ?
J’ai passé ma vie à servir, saurez-vous vous en souvenir ?

C’était déjà là, dans mon corps,
Avant mes tout premiers accords
Elle serait là ma liberté, ma force, ma créativité.

De ratures en refrains poignants
J’ai travaillé passionnément,
Terrassé le découragement.

Chanté mon amour de la vie
Un peu, beaucoup, à la folie,
A la faveur de mes envies.

J’en ai fait chavirer des cœurs,
Sous les faisceaux des projecteurs,
Et j’ai chanté tout mon bonheur

Ces applaudissements enflammés,
Ils attendent bien protégés,
Dans les chansons que j’ai rangées

J’veux pas rester à la maison,
Amputé de ma passion,
Pourtant je suis ma conviction, à tort ou à raison,

J’veux pas rester à la maison,
Amputé de ma vocation,
Pourtant je suis ma conviction, à tort ou à raison,
Trois points de suspension…

Le temps de la réflexion

Dehors la nature se réveille et se pare de mille couleurs,
Elle nous dévoile ses merveilles, partout des centaines de fleurs.

Ça bourdonne dans tous les coins, la vie s’exprime en abondance,
Ça butine sur les chemins, c’est déjà le temps des romances.
Puisque l’humanité s’arrête, prenons notre respiration,
Si on offrait à la planète le temps de la réflexion.
Merci d’offrir à nos enfants le choix d’écouter qui ils sont,
Merci de nourrir leurs envies, leurs rêves de réalisations.

Merci de me donner le courage d’offrir le meilleur de moi-même,
Merci de m’offrir l’envie d’œuvrer semaine après semaine,
A imaginer l’avenir avec un regard créatif,
Porter des projets d’espérance, fraternels et collectifs.
Merci de m’aider chaque jour à voir que je ne suis pas seul,
Qu’à la force de notre amour on sera mille fois meilleurs.
Merci de m’aider à comprendre qu’ensemble rien n’est impossible,
Que c’est le lien entre les hommes qui permet d’atteindre la cible.

Alors choisissons notre avenir pour le meilleur ou pour le pire,
Pour le meilleur ou pour le pire.

Merci de donner à chacun l’espoir d’un après plus joyeux,
Où il pourra être en accord avec ce qu’il sait faire de mieux.
L’entraide et le respect de l’autre considérés comme une chance,
Semons les graines d’un avenir de fraternité, d’abondance.
Merci de m’aider à sentir ce lien invisible et puissant,
Qui me lie à chaque élément d’un univers tellement grand.
Où le bourgeon comme l’oiseau porte en son cœur autant de gloire,
Que le plus humble des ruisseaux et le plus sage des grands sages.

Alors choisissons notre avenir pour le meilleur ou pour le pire,
Pour le meilleur ou pour le pire.

Etincelle

Tout ce poids sur mes épaules, Ces jugements.
Chaque jour jouer un rôle, inlassablement.
Garder ma place au milieu de l’affolement,
Suivre les règles du jeu aveuglément…

Jouer des coudes et trembler d’être écarté,
Prévoir, engranger, compter, tout planifier…
Me débattant pour tenir dans la mêlée,
J’ai oublié, pour finir, de respirer.

J’veux lâcher les peurs, les querelles, les blessures et les tourments,
Faire de ma vie une fête à chaque instant !
D’une petite étincelle, faire un brasier flamboyant,
Nourrir d’amour et de miel mon cœur d’enfant !

Y-a-t-il un autre modèle de société
Sans l’érosion actuelle des libertés ?
Me faut-il pour être heureux, tous ces objets ?
Dois-je être fier ou envieux pour exister ?

J’veux lâcher l’argent, les paillettes, l’orgueil et les faux-semblants,
Faire de ma vie une quête d’émerveillement !
D’un sourire à la sauvette, faire un bonheur scintillant,
Nourrir d’amour et de miel mon cœur d’enfant !

Et si on osait s’unir, se rassembler,
S’entraider, se soutenir, pour avancer…

Lâchons les peurs, les querelles, les blessures et les tourments,
Faisons de nos vies une fête à chaque instant !
D’une petite étincelle, faisons un brasier flamboyant,
Nourrissons d’amour et de miel nos cœurs d’enfant !

Lâchons l’argent, les paillettes, l’orgueil et les faux-semblants,
Faisons de nos vies une quête d’émerveillement !
D’un sourire à la sauvette, faisons un bonheur scintillant,
Nourrissons d’amour et de miel nos cœurs d’enfant !

Elle est pas belle la vie?

La plume glisse sur le papier,
Y couche des mots de liberté,
De la main de l’ancien pompier
Hier blessé, désabusé.

Ça demandait bien du courage
De s’en aller noircir les pages
Et de conter de ses voyages
Tant les succès que les naufrages.

Abandonné par le corps
Au sein duquel il défiait la mort,
Désormais il porte secours
Armé de ses seuls mots d’amour.

Le soldat du feu est pourtant,
Dans son cœur, toujours vivant,
Et de sa plume il adoucit,
Des maux de l’âme, les incendies.

Elle est pas belle la vie ?
Elle qui lui donnait l’envie
A chaque retour d’intervention,
De questionner sa mission.

Elle est pas belle la vie ?
Quand elle nous met au défit
D’aller chercher au plus profond
Nos ressources et nos solutions.

Les doigts se posent sur le manche,
Et la voix dissipe le silence,
Voilà que l’ancien régisseur
Fait des chansons de ses humeurs.

Ça demandait bien du courage,
Une guitare pour seul bagage,
De quitter l’ombre familière
Et se dévoiler en lumière.

Un chapitre terminé,
Un futur à composer,
Des tranches de vie en vers
Et en musique pour tout repère.

Tirant un trait sur les peurs,
N’écoutant que la voix du cœur,
Encouragé par celle qui l’aime,
Il suit ce courant qui l’emmène.

Ella est pas belle la vie ?
Elle qui lui offrait la nuit
Afin qu’il remette en question,
Cherche le jour et l’horizon.

Elle est pas belle la vie ?
Quand elle nous met au défit
D’aller chercher au plus profond
Nos blessures et nos guérisons.

Le piano d’André

Le piano d’André, est usé, fatigué,
Son vieux cadre de bois desséché.
Sur le piano d’André, des photos, des portraits,
Souvenirs que le temps a semé.

Il l’avait fait chanter, il l’avait fait danser,
A en perdre la tête.
Il l’avait fait sourire, aussi bien que pleurer,
Avant de se taire à jamais.

Le piano d’André, est tout désaccordé,
Et son cœur est brisé.
Mais le piano d’André, a veillé ces années,
Monument d’éternité.

Et quand elle y repense, il reprend la cadence,
Gravée dans sa mémoire.
Elle entendra encore, ces notes qui résonnent,
Jusqu’à l’heure du départ.

Si on peut réparer, tous les pianos d’André,
Les grands pères ne peuvent ressusciter.
Et les grands mères usées, par la perte d’un André,
Un beau jour aussi doivent s’en aller.

Mais si tous ces pianos, qu’ils soient justes ou bien faux,
Jouaient à nouveau.
On entendrait encore, ces notes qui résonnent,
Gravées dans nos mémoires.

Je viendrai (pour me souvenir)

T’étais déjà là bien avant que je vienne.
T’avais déjà une longue histoire avant la mienne.
Tu es venue pour m’accueillir,
Et tu as guetté un sourire.

Et puis j’ai bien vite grandi, ma p’tite mamie.
Toi tu avais tes cheveux gris et ce sourire.
Je n’ai pas vu le temps passer.
Comme si il t’avait oublié.

Si j’avais pu ne jamais grandir,
Tu aurais pu ne pas vieillir.
Passe le temps, et tu t’en vas lentement.

Un beau jour tu m’as raconté ton histoire.
Et j’ai découvert mon grand père dans ton regard.
Ta certitude de le retrouver,
Lui qui t’attend, t’a tant manqué.

Si j’avais pu ne jamais grandir,
Tu aurais pu ne pas vieillir.
Passe le temps, depuis le temps que t’attends.

Mais dans mon cœur, j’ai jamais grandi,
Et dans ce cœur, t’as pas vieilli.
Passe le temps, je pense à toi bien souvent.

T’étais déjà là bien avant que je vienne.
T’avais déjà une longue histoire avant la mienne.
Tu es venue pour m’accueillir,
Je viendrai, pour me souvenir.

Laura

Tu as défait tes nattes, les cheveux en bataille,
Ton si joli sourire laisse place à tes larmes,
Enfoui sous la poussière des danses oubliées,
Le violon de ton père a cessé de chanter.

Envolées les histoires, le soir à la veillée,
Et les éclats de rire devant la cheminée,
Perdus les souvenirs confiés à tes enfants,
La prairie s’est usée sous la morsure du temps.

Qu’avons-nous fait Laura ?
Où sont les chemins d’autrefois où tu jouais en ce temps là ?
Raconte-moi Laura, comme l’a fait ton père pour toi.

Goudronnés les sentiers que tu as tant foulés,
Asséché le ruisseau où tu allais pécher,
Déracinés les arbres où tu aimais grimper,
Rasé le petit bois qui savait te cacher.

Qu’avons-nous fait Laura ?
Où sont les chemins d’autrefois où tu jouais en ce temps là ?
Raconte-moi Laura, comme l’a fait ton père pour toi.

Disparu le soutien aux heures difficiles,
On ne tend plus la main dans la froideur des villes,
Oubliés les élans de solidarité,
Sous la morsure du temps, la prairie s’est usée.

Qu’avons-nous fait Laura ?
Où sont les chemins d’autrefois où tu jouais en ce temps là ?
Raconte-moi Laura, comme l’a fait ton père pour toi.

Au nom du père

Si t’as pas réussi à dépasser ton père

Si t’as pas réussi à dépasser ton père,
En pieds, en pouces, ou même en centimètres, la belle affaire,
Si t’as pas réussi à dépasser ton père.

Pourvu qu’il ait semé les graines de tes valeurs (x2),
Tu les cultiveras au plus pur de ton cœur, en mille fleurs,
Pourvu qu’il ait semé les graines de tes valeurs.

Donne ce qu’il t’a offert et invente le reste (x2),
Tes enfants à leur tour y poseront un geste, plein de promesses,
Donne ce qu’il t’a offert et invente le reste.

De leurs mains dans ta main, de leurs pas dans tes pas (x2),
Fais naitre des chemins qu’ils suivront de leurs choix, portés par ta foi,
De leurs mains dans ta main, de leurs pas dans tes pas.

Au nom de père en devenir en chaque fils,
Au nom du fils en souvenir en chaque père,
Porte une pierre à l’édifice,
Une prière qui réunisse,
Comme une mère,
Un sanctuaire.

Ainsi de père en fils guériront les blessures (x2),
En paroles d’amour, souvent simples murmures, mais en mesure,
Ainsi de père en fils guériront les blessures.

Aussi de mère en fille, car mère veille en chacun (x2),
Se tarira la source où naissent les chagrins, quel doux refrain,
Aussi de mère en fille, car mère veille en chacun.

Au nom de père en devenir en chaque fils,
Au nom du fils en souvenir en chaque père,
Porte une pierre à l’édifice,
Une prière qui réunisse,
Comme une mère,
Un sanctuaire.

Passeront les années de labeur ou de liesse (x2),
Qui nourrissent le cœur de rancœur ou d’ivresse, ou de sagesse,
Passeront les années de labeur ou de liesse.

Tu n’auras pas cherché à dépasser ton père (x2),
Tu as tracé ta voie en ombre et en lumière, parfois en vers,
Tu n’auras pas cherché, t’avais bien mieux à faire.

Au nom de père en devenir en chaque fils,
Au nom du fils en souvenir en chaque père,
Porte une pierre à l’édifice,
Une prière qui réunisse,
Comme une mère,
Un sanctuaire.
Porte une pierre à l’édifice,
Une prière qui réunisse,
Comme notre Mère,
Le Sanctuaire.